La Grotte du Lac du Champ de Courses Les grottes, dans les aménagements paysagers du XIXe siècle, sont « un élément clé du vocabulaire pittoresque de l’époque, tout à la fois décor romantique, exploit technique, et fantaisie architecturale ». [1] Elles apparaissent dans les parcs publics comme dans les jardins privés, et deviennent un véritable genre artistique, porté par les rocailleurs, maîtres du ciment imitant la nature. Car elles sont presque toujours artificielles, construites en ciment armé, en « rocaille », ou en grès rapporté. Elles servent à créer des effets de nature sublimée : fraîcheur, mystère, théâtralité, cascades, passages secrets. Elles incarnent l’esthétique romantique et l’essor des parcs urbains. Elles s’inscrivent dans une longue tradition de fabriques de jardin, mais elles prennent une ampleur nouvelle avec l’urbanisme haussmannien et les grands parcs publics.
Au Vésinet, le plus bel exemple est évidemment la Grotte du Lac des Courses, le Grand Lac dite aussi grotte des Ibis. Elle est au Vésinet le chef d'œuvre de Matthias Chabot (1826-1881), artisan alpicois, maître rocailleur renommé, auteur de réalisations spectaculaire au Bois de Boulogne et à Longchamps.[2] A défaut des maîtres de l'Impressionnisme, la Grotte du Lac des courses (plus tard le Lac des Ibis) attire les peintres du dimanche qui en laissent des témoignages émouvants.
La grotte du grand Lac par Alphonsine Dubray (1869-1952) artiste amateure, mère de l'instituteur Maurice Dubray ...
La Grotte, par Robert Pique (1925) peinture (huile sur toile) probablement d'après photographie [3] Les cartes postales restituent l'évolution de la végétation et des ambiances. La grotte et la cascade en ont inspiré un grand nombre avec parfois des légendes erronées (voir ci-dessous).
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La Cascade dans le prolongement de l'avenue du Grand-Veneur ...
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L'entrée béante de la grotte (vers 1900)... ...
La Grotte située par erreur au Lac Inférieur ...
La cascade du Lac des Ibis (1915) située par erreur au Lac inférieur. Des rocailles dont certaines, par leur taille, pouvaient être assimilées à des grottes, furent édifiées dans certaines propriétés. Presque toutes ont disparu et celles qui subsistent font l'objet de mesures de sauvegarde au titre des jardins remarquables (SPR) et des éléments décoratifs à protéger (PLU). [4]
Vestiges de la rocaille et de la grotte de la Villa des Pages. clichés SHV, 2005. ... **** Notes et sources [1] Michel Niles, La genèse d'une cité-jardin, Le Vésinet 1857-1866, mémoire de Maîtrise, Université Paris I, 1989 ; Bulletin de la Société d'horticulture de St Germain en Laye, 1864-1867. [2] Rapport sur les grottes et cascades de M. Chabot au Vésinet, Société d'Horticulture de Saint-Germain, 1868. [3] Datée de 1925, peinte par un artiste de 19 ans (fils d'Henri Pique futur conseiller municipal et frère de Louis Pique dont le nom est sur le monument aux morts) la toile représente le paysage tel qu'il pouvait être au XIXe siècle. Une photographie a pu servir de modèle. [4] Rocailles protégées au titre du PLU : cf. Le Charme, allée d'Isly ; Beau-Chêne, av G-Clemenceau ; Le Grand Lac, av. des Courlis ; Maison St-Charles, av. d'Alsace ; ...
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