Lattes, Jean (1917-1996)
Jean Lattes, né à Paris, découvre la photographie en rapportant à
son père l'hebdomadaire Vu de Lucien Vogel. Renvoyé du lycée
pour "activités politiques" il est en 1937 apprenti monteur
chez André Vigneau, et se passionne pour le cinéma. En 1949, il entre
à France-Dimanche comme photographe pigiste. Il y "apprend
le métier" jusqu'en 1954. De 1955 à 1965 il est photographe free
lance; il travaille pour Elle et Le Nouveau Fémina,
et commence à photographier en couleur. Premières collaborations à Life, Look, Time.
En 1966, il participe à la création de l'agence Gamma, "une
liaison orageuse qui finira en 1972". Actionnaire et membre
de Viva pendant six mois, puis chef de rubrique et rédacteur à Reporter
Objectif, Il fait occasionnellement de la photographie sous-marine
pour Cousteau.
"J'ai toujours été photo-journaliste dans un pays où le photo-journalisme
n'existe pas. J'y vois une preuve de mon masochisme latent, et aussi
que mes compatriotes détestent se voir envoyer la vérité à la figure.
Mes seules satisfactions professionnelles viennent des magazines
américains" (Jean Lattes, Lettre à CM, 1981).
Jean Lattes s'est installé au Vésinet, au 49ter, avenue de la
Princesse, en 1955. Il y a vécu jusqu'à sa mort en 1996.
...En savoir plus: Autobiographie•Reportage•Exposition •
Le Breton, Auguste (1913-1999)
Auguste Montfort alias Auguste Le Breton est né le 18 février 1913
à Lesneven, en Bretagne. Orphelin de guerre, enfant de l'Assistance
publique, il passe sa jeunesse entre l'orphelinat (dont il s'évade),
la délinquance et les petits métiers, la "cloche" et les
tripots de Saint-Ouen et Montmartre. Il tâte même de la maison de
correction.
Ces expériences lui inspirent une oeuvre très fournie, plus ou moins
autobiographique. Ses romans, plus "criminels" que "policiers"
magnifient la mythologie du monde des truands: vengeance, cruauté,
sens spécifique de l'honneur assaisonné "d'instinct de mort".
Depuis Du rififi chez les hommes (1953) jusqu'à La loi
des rues (1998), on lui doit 77 ouvrages parmi lesquels, Les
hauts murs (1972, premier d'une série de neuf romans très autobiographiques
sous le titre général A chacun son destin), Les jeunes
voyous, Les tricards, Les racketters...., Priez
pour nous, Rouges étaient les émeraudes, Monsieur Rififi,
Le tueur à la lune, Bob le flambeur, Du rebecca
chez les aristos, une longue série de "polars" mais
aussi La môme Piaf (1980) et Monsieur Crabe (1995).
Plusieurs romans, portés à l'écran et incarnés entre autres par Jean
Gabin, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, comptent parmi
les perles du genre: Du rififi chez les hommes, Razzia
sur la chnouf, Le rouge est mis, Le clan des Siciliens.
Auguste le Breton a aussi publié deux dictionnaires d'argot: Langue
verte et noirs desseins (1960) et L'argot chez les vrais de
vrai (1975). L'argot, écrit-il, langage des rues, n'est pas exclusivement
employé par ceux qui vivent en marge des lois ... un chauffeur de
taxi, un titi parisien, un couvreur sur son toit usent couramment
de la langue verte ... Bien souvent, ce sont eux qui l'ont enrichie
en créant un mot qui à fait mouche...".
A 85 ans, en 1998, il a publié "Du vent.. et autres poèmes"
révélant au public un autre aspect de son talent.
Auguste Le Breton a passé les dernières années de sa vie au Vésinet 12,
rue Pasteur. Livrant son ultime combat contre Monsieur Crabe,
il est mort à l'hôpital de St-Germain-en-Laye le 31 mai 1999 à l'âge
de 86 ans. Il est enterré au cimetière du Vésinet.
...En savoir plus: le site officiel (un peu long à ouvrir)
Lévy-Dhurmer,
Lucien (1865-1953)
Né à Alger le 30 septembre 1865, Lucien Lévy, fils de Salomon Lévy
et Pauline Amélie Goldhurmer, entre en 1879 à l'Ecole Supérieure
de Dessin et de Sculpture du XIe arrondissement de Paris. Pour sa
première participation au Salon de 1882, il expose une pièce de porcelaine
représentant la naissance de Vénus dans le style d'Alexandre
Cabanel. Il participera très régulièrement aux Salons des années
suivantes.
De 1886 à 1895, il travaille comme ornementeur-céramiste tout en
faisant office de directeur artistique de la manufacture de Clément
Massier, une célèbre famille de céramistes de Golfe-Juan. En 1892,
il signe ses premières poteries inspirées de céramiques "maures" et
se fait reconnaître au Salon des Artistes Français de 1895. Innovateur
dans les formes, les techniques et les décors de céramique, il contribue à la
renaissance des arts décoratifs de la fin du 19ème siècle.
Pendant cette période il séjourne en Italie, notamment à Venise pour
se familiariser avec l'art Italien du 15e siècle.
En 1896, sous le nom de Lévy-Dhurmer, il expose pour la première
fois à la Galerie Georges Petit une vingtaine de pastels et d'huiles
où il révèle un style très personnel dans l'art du portrait, influencé par
les préraphaëlites et les symbolistes. Nourrie de ses nombreux voyages à l'étranger
(le Maghreb, la Perse, la Syrie, la Turquie et le Maroc) et de la
fréquentation du poète belge Georges Rodenbach, cette veine symboliste
lui assurera renommée et récompenses (Mystère, 1896, Louvre,
Paris; Eve, 1896, Musée d’Orsay, Paris). Tout en conservant
une approche académique du détail, il assimile les leçons de l'Impressionnisme,
obtenant une harmonie de couleurs remarquablement efficace.
Au début du XXe siècle Lévy-Dhurmer s'éloigne graduellement du Symbolisme
excepté pour quelques représentations de la femme inspirées des musiques
de Ludwig van Beethoven, Gabriel Fauré et Claude Debussy et dans
quelques paysages (Hiver, Petit Trianon, 1929, Petit Palais,
Paris).
Lévy-Dhurmer est mort, le 24 septembre 1953, au 9, avenue
des Pages, au Vésinet, âgé de 88 ans.
...En savoir plus:Principales
œuvres • Musée
critique • Biographie•
Lopez, Francis (1916-1995)
Né en 1916 à Montbéliard, d'origine basque, Francis Lopez, est d'abord
admis à l'École polytechnique mais embrasse finalement la profession
de dentiste. En même temps qu'il poursuit ses études, le jeune homme
sacrifie à ses deux passions: le rugby - il sera international universitaire
- et la musique. Il aborde celle-ci en apprenant le violon. Mais,
très vite, son goût du jazz lui fait choisir un autre instrument:
le piano. Dans les années d'avant-guerre, il joue dans la formation
du Hot-Club de France avec Django Reinhardt et Stéphane Grappelly.
La guerre arrive. Mobilisé comme médecin-dentiste, Francis Lopez
est affecté à la ligne Maginot. Pour distraire ses camarades, il
joue du piano et chante. Sa première chanson est un hymne patriotique,
au titre éloquent: "Allez, petits soldats de France"
. Dès sa démobilisation, Francis Lopez achève ses études et installe
un cabinet, mais très vite, il quitte l'odontologie pour la musique.
Sa rencontre avec le librettiste Raymond Vincy sera décisive. Ils
écrivent ensemble la première opérette de l'après-guerre, La Belle
de Cadix, créée sur la scène du Casino-Montparnasse le 24 décembre
1945. Un triomphe! Le tandem Lopez-Vincy durera trente-sept ans.
Encore fallait-il des interprètes. La vedette sera Luis Mariano. Jusqu'à la mort de ce dernier, en 1970,
Francis Lopez composera principalement pour lui. Dès 1947, sur la
scène de la Gaîté-Lyrique, le ténor est en vedette dans Andalousie.
Suivront, en 1948, à Bobino, Quatre jours à Paris, en 1949,
une remarquable reprise de La Belle de Cadix à l'Empire, et,
à la fin de 1950, Pour Don Carlos, au Châtelet, avec cette
fois le jeune Georges Guétary. Toujours au Châtelet, on retrouvera
Luis Mariano dans Le Chanteur de Mexico, à la fin de 1951.
Ce sera, pratiquement, l'apogée de la carrière de Francis Lopez et
le triomphe de ce qui sera devenu un quatuor: Lopez-Vincy-Mariano
et Maurice Lehmann, metteur en scène. On changera un peu de style
avec La Route fleurie, jouée à l'ABC par Guétary et Bourvil
(1952), avant de revenir aux rythmes exotiques, dont le succès ne
faiblit pas: La Toison d'or (1954), d'après Pierre Benoit,
avec André Dassary, Méditerranée (1955), avec Tino Rossi, Le
Prince de Madrid (1967), qui ne pouvait être que Mariano. Dès
lors, avec les reprises constantes à Paris et en province, le nom
de Francis Lopez ne quittera plus guère l'affiche jusqu'à la fin
des années 70. Au total trente-quatre opérettes – la dernière étant Fandango,
en 1987 – et vingt-cinq films. Francis Lopez meurt à Paris le 5 janvier
1995. Il habita de 1948 à 1950, au faîte de sa gloire une villa
dans l'île-du-Rêve,(lac Inférieur) qui fut détruite
par le feu en juillet 1991.
...En savoir plus: biographie •
Mahalin, Paul Antoine (1828-1899)
Littérateur français, né à Epinal le 17 janvier 1828. Venu à Paris en 1861, il commença par écrire dans divers journaux de théâtre, comme critique, chroniqueur puis feuilletoniste. Sous le pseudonyme d'Emile Blondet, il a collaboré à des journaux satiriques: la Lune et l'Eclipse. Il a encore signé P. de Trailles, Georges Fontenay, Mary Mercier, Aimé Kienné, etc. pour la revue le Nain jaune.
Écrivain de littérature populaire, Mahalin est le grand spécialiste des suites aux romans d'Alexandre Dumas. Il a imaginé des prolongements aux histoires des mousquetaires, et publié Le Fils de Porthos (1883), D'Artagnan (1890) et Le Filleul d'Aramis (1896). Mais Mahalin a puisé beaucoup plus largement dans l'œuvre du maître. Le comte de Monte-Cristo lui a inspiré Mademoiselle Monte-Cristo (1896), tandis que de la série de la Reine Margot (la dame de Montsoreau, les Quarante cinq...) il a tiré pas moins de quatre suites: Le Roi de la Ligue (1893), Les barricades (1894), Le dernier Valois (1894), La Fin de Chicot (1898). Mahalin est également l'auteur d'une suite aux aventures de Lagardère, La Filleule de Lagardère : tome 1, La saltimbanque; tome 2, L'héritière (1885).
Plusieurs de ses romans furent adaptés au théâtre et joués avec un certain succès, donnant lieu parfois à de grands spectacles. On lui doit aussi le Carnaval de Boquillon, vaudeville en trois actes (1877), en collaboration avec Raoul Jolly.
Dans un registre très différent, il a longtemps signé Triolet une chronique théâtrale du Gaulois, traçant le portrait des étoiles de la scène parisienne qu'il rassembla en plusieurs tomes des Jolies actrices de Paris (1868, 1878-1884, 1889...) et Au bal masqué (1868) suite de petites monographies concernant l'Opéra, le Prado, le bal Bullier, le Casino, Valentino, etc...
Paul Mahalin a succombé, le 20 mars 1899, à une attaque d'apoplexie foudroyante. Il était âgé de soixante et onze ans.
Il est mort à son domicile parisien, 115, avenue de Villiers. Les obsèques furent célébrées à Saint-François-de-Sales, et l'inhumation a été faite au cimetière de Malakoff. Il possédait au Vésinet, 45 bis route de Chatou (actuel boulevard Carnot), une maison de villégiature où furent écrites nombre de ses chroniques et que sa femme a occupée jusqu'à sa mort en 1921.
La fille de Paul Mahalin, Aimée, a fait une petite carrière d'ingénue au Théâtre de Cluny, au Vaudeville, à l'Ambigü, etc. sous le nom de Mlle de Braine.
...En savoir plus: Portrait de jeunesse • Liste des oeuvres• Poème• Histoire d'un duel•
Marais, Jean (1913-1998)
Jean Villain-Marais est né le 11 décembre 1913 à Cherbourg. Il fût
élevé par sa mère, sa tante et sa grand-mère avec lesquelles ils
passa quelques années au Vésinet au 90, Boulevard de Belgique.
Sa mère qu'il surnomme "Rosalie" lui apprend à dominer
sa peur,
à endurer la douleur, à se laisser punir injustement plutôt qu'à dénoncer
le coupable. Chahuteur, bagarreur, chapardeur, il se qualifie de "monstre"
au fil d'une scolarité ponctuée de carnets de notes truqués, d'expulsions,
de faux certificats.
Depuis toujours, il rêve de devenir acteur. En attendant, il trouve
à Paris un emploi de retoucheur photographe, moyen de développer
son intérêt pour la peinture, qui ne le quittera plus. En échange
de figurations au théâtre de l'Atelier, il peut suivre gratuitement
les cours de Charles Dullin. Au cinéma, Marcel L'Herbier ne lui propose
que des rôles obscurs.
En 1937 il passe une audition devant Jean Cocteau qui monte sa pièce Œdipe
roi avec une troupe de jeunes comédiens. Il y participera dans
le Chœur, avant d'obtenir le rôle principal des Chevaliers de
la Table ronde.
La notoriété de Jean Marais explose pendant la guerre, avec l'Eternel
Retour de Jean Delannoy. Mais, c'est avec La Belle et la Bête,
d'une modernité poétique toujours ahurissante, que Cocteau et Marais
inaugurent, en 1945, cette collaboration artistique et amoureuse,
qui de l'Aigle à deux têtes aux Parents terribles,
puis d'Orphée en Testament d'Orphée, constitue une
aventure créatrice exemplaire et, pour l'époque tout à fait unique.
Jean Marais est décédé le 8 Novembre 1998 à Cannes.
...En savoir plus: filmographie • hommage •
Mariano, Luis - Mariano Eusebio
González y García, dit (1914-1970)
Ses parents, Mariano et Gregoria, habitaient Bordeaux. Mais en ce début de guerre, sa mère décida juste avant la naissance de leur enfant, que celui-ci devait naître en pays libre. Elle se rendit donc immédiatement à Irun, ville à la frontière espagnole ou Mariano junior naquit le 12 août 1914. La famille y resta jusqu'à l'année de la naissance de leur fille Maria-Luisa, le 3 octobre 1916, puis regagna Bordeaux.
En 1927, Mariano prend quelques courtes leçons de violon. A vingt-cinq ans, il entre à l'École des Beaux Arts de Marseille. Mais la seconde guerre mondiale arrive et ses études s'en trouvent interrompues. Il les reprend en 1941 au conservatoire de Bordeaux, puis "monte" à Paris où, grâce à sa rencontre providentielle avec Francis Lopez, il deviendra le "ténor à la voix de velours".
En 1944, il débute dans une opérette, España mia, à l'ABC. C'est à ce moment qu'il prend le pseudonyme de Luis Mariano. Le succès est immédiat, et énorme. Il joue dans son premier film en 1946, puis dans beaucoup d'autres plus tard, tels que Andalousie en 1951, Violettes impériales en 1952, À la Jamaïque en 1956, ou Sérénade au Texas en 1958. Il chantera dans un nombre incroyable d'opérettes, comme Don Pasquale, La belle de Cadix, Andalousie, Le chanteur de Mexico (1951), Le chevalier du ciel (1955), Visa pour l'amour (1961), Le prince de Madrid (1967), la caravelle d'or (1969).
En 1949, il s'installe avec sa famille au Vésinet au 43, avenue de Lorraine, non loin de chez Francis Lopez. Il fait édifier un fronton de pelotte basque dans son jardin. Puis vers 1952, il acquiert au 86, boulevard Carnot [actuellement le 88] une villa qu'il fait transformer et agrandir. Il lui donne le nom de Magreluma (première syllabe des prénoms de ses parents et de leurs deux enfants), connue aujourd'hui sous le nom les Lionceaux. Il l'occupera jusqu'à sa mort en 1970.
Le 14 mai 1970, il entre à l'hôpital pour une hépatite virale et y meurt le 14 juillet 1970. Il est à noter que sa véritable année de naissance, 1914, ne fut révélée qu'alors, tandis que Luis avait toujours affirmé être né en 1920. Le 18 juillet 1970, il est enterré au cimetière d'Arcangues, dans les Basses-Pyrénées.
...En savoir plus: fondation
Luis Mariano (en musique)• biographie• paroles des chansons •
Marsick, Martin Pierre (1847-1924)
Martin Pierre Joseph Marsick, né à Jupille-sur-Meuse, près de Liège,
le 9 mars 1847, d'un père ferblantier, est le cinquième enfant d'une
famille qui en comptera douze. A sept ans il est admis au Conservatoire
Royal de Musique de Liège, en classes de flûte et de solfège. Il
n'étudie le violon qu'à partir de 1857 avec M. Dupont, premier pas
dans sa formation de violoniste virtuose.
Elève peu apprécié et mal noté... le jeune Marsick obtient pourtant
de nombreux prix dont la plus haute distinction, la Médaille de Vermeil.
Il continue ses études à Bruxelles (1865) auprès d'Hubert Léonard.
Puis il est admis dans la classe de Lambert Massart au Conservatoire
National Supérieur de musique de Paris (1868). A cette époque, il
s'installe au Vésinet, 5 rue du Village. Il épouse à
Chatou le 23 février 1872, Adolphine Adrienne Berthe Mollot, elle-même
habitant au Vésinet, chez ses parents 4, allée du Centre. Marsick
jouait alors fréquemment chez les Chaminade et
c'est aux côtés de Marsick que Cécile Chaminade se produisit sur
scène pour la première fois..
La carrière de virtuose de Martin Pierre Marsick s'étend sur une
vingtaine d'années, de 1875 à 1896. Très demandé dans les concerts
(Nouveaux Concerts, Concerts Populaires, Concerts
Colonne, Concerts du Conservatoire) c'est cependant en formation
de chambre, dans les salons de musique qu'il donne la pleine mesure
de son talent. Le Quatuor Marsick devient rapidement l'un des plus
célèbres et des meilleurs de la capitale. Après des tournées, notamment
en Angleterre et en Russie où il obtient un succès considérable,
il part pour l'Amérique, où il atteint l'apogée de sa carrière de
violoniste.
Martin Marsick est aussi l'un des grands professeurs de violon de
la fin du XIXe siècle. Il donne d'abord des leçons particulières.
A 20 frs la leçon, il est le mieux payé de Paris. On le dit exigeant,
inflexible et parfois arrogant. En 1892 il est nommé professeur au
Conservatoire. Sa carrière y sera malheureusement brève. En 1900,
elle s'achève brutalement, sur fond de scandale. Sensé faire une
tournée en Autriche, Hongrie et en Italie, Marsick, abandonnant sa
femme, emmène sa maîtresse en Amérique, ce qui provoque un scandale
retentissant. Contraint à la démission qui sonne le glas de sa carrière
au Conservatoire, Marsick,végète pendant quelques années aux Etats
Unis avant de rentrer en France. Sa femme obtiendra le divorce en
1906.
Brève, sa carrière de professeur n'en fût pas moins celle d'un grand
pédagogue, En huit ans, il a formé Jacques Thibaud, Georges Enesco
et Carl Flesh. Il a consacré les dernières années de sa vie à écrire
(Eureka, 1910; La Grammaire du Violon, 1924). Il est mort à Paris
le 21 octobre 1924.
...En savoir plus : Les Marsick, une famille de musiciens • hommage de Robert de Montesquiou•
Martinet, Louis (1814-1895)
Artiste peintre, agent artistique auprès de grands
collectionneurs comme le comte de Morny, entrepreneur d'expositions
et de spectacles, Louis Martinet a occupé un rôle majeur dans l'histoire
de l'art du XIXème siècle, en tant que directeur d'une galerie sise
au 26, boulevard des Italiens (dite Galerie Martinet) dans
laquelle Manet a fait ses premières expositions aux côtés de Courbet,
Whistler, Delacroix, Ingres, et beaucoup d'autres. Ardent défenseur
du droit d'auteur, fondateur de la Société nationale des Beaux Arts
(1863-1865), il sera aussi directeur du Théâtre Lyrique jusqu'à l'incendie
de celui-ci durant la Commune.
Vers 1880 et jusqu'à la fin de sa vie, Louis Martinet s'était installé au
Vésinet où il avait repris ses pinceaux pour peindre des paysages.
De 1884 à 1895, il habita au 82,
rue Thiers (actuellement rue Henri Cloppet) et peut-être en
1881 au 24, rue de l'Eglise (actuellement rue du Maréchal
Foch).
Il est décédé le 5 janvier 1895. Ses obsèques eurent lieu à Colombes
et il fut inhumé au Cimetière de Montparnasse à Paris.
... En savoir plus: Biographie•Galerie Martinet en 1861• Nécrologie•
Mogador (1824-1909) - Céleste Vénard dite
Céleste Mogador fait ses débuts dans les spectacles équestres du Cirque
olympique ou Hippodrome du Boulevard du Temple dans les
années 1840. En 1850, danseuse vedette du Bal Mabille - qui
deviendra plus tard l'orchestre Mabille du Moulin Rouge - elle invente
une nouvelle danse, le Quadrille (ancêtre du French Cancan).
Devenue Comtesse Lionel de Chabrillan en 1854 elle suit son mari
en Australie et en revient veuve quatre ans plus tard. Elle se lance
dans la production littéraire. On lui doit de nombreux romans (dont
certains furent adaptés à la scène par Alexandre Dumas) et des pièces
(vaudevilles, drames, comédies et opérette) en grand nombre. En 1863
elle prend la direction des Folies-Marigny sur les Champs-Elysées
et fait faillite. En 1865, elle s'installe au Vésinet, allée Transversale (actuelle
avenue d'Alsace-Lorraine) dans une maison qu'elle a fait construire
sur le modèle des villas des beaux quartiers de Melbourne. Elle l'a
baptisée Chalet
Lionel. Elle poursuit une carrière au Café Concert.
Voisine de Georges Bizet, elle se lie d'amitié avec
ce dernier. Pendant le Siège de Paris, en 1870, elle fonde les "Sœurs
de France", une société de secours. En 1873, elle fait don de
sa propriété du Vésinet à la Société de Secours aux Alsaciens-Lorrains qui y érigera un orphelinat grâce
à Edouard de Naurois. Elle s'installe en 1880 au 5, rue du Marché.
Malgré tout, la Comtesse de Chabrillan, ne parvient pas à faire oublier
Céleste Mogador. En 1885, elle abandonne le théâtre et la production
littéraire. En 1889, elle quitte le Vésinet pour Paris, Passage de
l'Opéra, puis Asnières.
Elle meurt à Paris e 18 février 1909. Elle est inhumée au cimetière
du Pré-Saint-Gervais.
...En savoir plus: Biographie • Mogador•Une reine de Paris •LeChalet Lionel•Le
Chalet des Fleurs• Une revenante•
Monchablon, Xavier Alphonse (1835-1907)
Né à Avillers (Vosges) le 12 juin 1835, fils d'instituteur, il apprend la lithographie à Mirecourt. Il entre en 1856 à l'École des Beaux-Arts, à Paris, à vingt ans, pour y étudier la peinture, grâce à une bourse départementale.
A l'Ecole des Beaux-Arts, élève de Cornu et de Gleyre, il obtient le 2e prix de Rome, en 1862, avec Véturie aux pieds de Coriolan et le grand prix de Rome, l'année suivante, avec Joseph reconnu par ses frères. Il séjourne cinq ans à la villa Médicis, où il peint la Fête d'Amphitrite. Il expose, pour la première fois, au Salon de 1869, deux toiles, les Funérailles de Moise (Musée d'Amiens) et Jeune fille et vieille femme lui valent une médaille de 1ère classe. Il ne cesse d'exposer ensuite, au Salon des Artistes français où il reçoit une médaille de 2e classe en 1874 (qui le met hors concours), une médaille de bronze à l'Exposition universelle de 1889, une médaille d'argent à celle de 1900. Il est fait Chevalier de la Légion d'honneur en 1897.
C'est la reproduction de la figure humaine, surtout, qui a fait la réputation de ce peintre, que l'on classe parmi les bons portraitistes de son époque. Ses grandes compositions, n'étaient pas aussi unanimement louées. En dehors des portraits qu'il a laissés et qui sont très nombreux, ses œuvres les plus importantes sont les Enfants illustres de la Lorraine, tableau qui décora le grand amphithéâtre de la Faculté des lettres du Musée de Nancy au palais de l'Université, les peintures décoratives de la crypte de la basilique de Domrémy, le Christ législateur et les Quatre Évangélistes, figures de proportions colossales qui sont au séminaire d'Angers, un Couronnement de la Vierge, à la chapelle des Eudistes de Versailles, etc. Il a décoré aussi plusieurs églises parisiennes. Les portraits et les grandes peintures historiques ont valu à A. Monchablon une relative aisance et le succès auprès de ses contemporains. Mais son académisme, méprisé par les admirateurs de la nouvelle école impressionniste n'a pas résisté au temps.
Il est décédé à Paris le 30 janvier 1907.
Le peintre a habité au 14, rue de l'Abbaye à Paris (6e) puis plus tard 147, av de Villiers avec un atelier à deux pas, au n° 1bis Bd Gouvion-St-Cyr, (17e) mais la famille d'Alphonse Monchablon à habité au Vésinet, allée du Lac Supérieur autour de 1896. Son fils, le peintre Édouard André Jean Monchablon (1879-1914), qui était alors étudiant, fut lui-aussi, pensionnaire à la Villa Médicis. En revanche, il n'y a pas de lien de parenté directe avec Jean Baptiste Ferdinand dit Jan Monchablon (1854-1904), peintre paysager encore très apprécié aux Etats Unis. Enfin, Gabrielle Monchablon-Fleury, sa fille, fut une pianiste concertiste renommée.
...En savoir plus: Aides départementales (1858-1861) • Œuvres principales • Rétrospective •
Montesquiou, Robert de (1855-1921)
Dandy, intelligent et sensible, lié avec J.-K. Huysmans et M. Proust
auxquels il servit de modèle, il a laissé des poèmes recherchés,
où
s'exprime sa passion de la beauté (les Chauves-Souris, 1892; les
Hortensias bleus, 1896) et des Mémoires (les Pas effacés,
1923). Il habita de 1906 à 1921 au Palais Rose, allée des Fêtes.
...En savoir plus:article • chronologie •
Moszkowski,
Moritz (1854-1925)
Moritz Moszkowski est né le 23 Août 1854 à Breslau,
en Prusse Orientale. Il manifesta un don précoce pour la musique,
et fut admis au Conservatoire de Dresde dès 1865 puis à Berlin en
1869. Il intégra ensuite l’Académie Kullak où il enseigna
durant plus de vingt-cinq ans.
C’est à Berlin en 1873 que Moszkowski connut ses premiers succès
comme pianiste. Ses nombreuses tournées dans toute l'Europe firent
sa réputation tant comme virtuose que pour ses interprétations du
répertoire classique. En 1875, les premières compositions de Moszkowski
paraissaient. Ses Danses Espagnoles obtinrent un immense succès
populaire et lui assureront la notoriété tout au long du XXe siècle
alors que ses autres compositions seront presque oubliées.
Après 1880, souffrant de troubles neurologiques, Moszkowski dut réduire
sévèrement ses activités de concertiste virtuose, pour se consacrer à la
composition. En 1884, il épousa la plus jeune sœur de Cécile
Chaminade, Henriette, au grand dam des parents, désespérés
de voir leur petite dernière partir pour Berlin. Le mariage fut un échec.
En 1890, Henriette abandonna sa famille à Berlin et rentra seule à Paris.
Le divorce fut prononcé en 1892. Henriette, qui avait rompu tout
lien avec sa famille, se remaria en 1898 mais décéda deux ans plus
tard.
En 1897 Moritz Moszkowki s’installa définitivement à Paris avec ses
enfants. Il fit durant une dizaine d’années de fréquentes visites
au Vésinet où Cécile Chaminade accueillait volontiers ses neveux
pour de longs séjours.
Pour cette période, on doit à Moszkowski un opéra Boabdil, roi
des Maures (1892), et de très nombreuses musiques de chambre.
Il connaissait alors une prospérité considérable en raison de la
grande popularité de sa musique. Mais, les goûts musicaux évoluant,
le public délaissa Moszkowski qui restait inexorablement ancré dans
les idéaux et les traditions du XIXe siècle. Il vécut les dernières
années de sa vie dans la pauvreté. Il avait investi toute sa fortune
dans des placements allemands, polonais ou russes qui furent anéantis
par la Guerre en 1914 et la crise qui s'ensuivit. Malgré un concert à son
profit organisé à Paris, il mourut à peu près oublié à Paris le 4
mars 1925 d'un cancer de l'estomac.
...En savoir plus:Biographie • Musiques •
Moteley, Georges (1865-1923)
Paysagiste et peintre de genre, Jules Georges Moteley
est né à Caen le 14 juillet 1865. Après des études aux Beaux-Arts
où il fut l'élève de Jules Lefèbvre, Pierre-Désiré Guillemet et G.
Guay, il s'installa à Clécy dans la vallée de l'Orne, puis à partir
de 1904, à Omonville-la-Rogue. Fondateur de la Société des Paysagistes
et du Comité de la Société des Amicales des Peintres et Sculpteurs,
il exposa durant trente ans avec Société des Artistes Français (1889-1924).
Son travail est présenté de Chicago à Hanoï en passant par Rouen
et Paris, mais tout spécialement dans les musées normands. On le
présente comme le "paysagiste aux teintes claires, le peintre
des éléments, des saisons et des églises du Nord-Cotentin".
Il a passé
les dernières années de sa vie au Vésinet où il semble qu'il ait habité à plusieurs adresses : 19, allée de la Gare (1920) et ensuite 14, avenue d'Alsace-lorraine où il est décédé , le 23 avril 1923, emporté en quelques jours par une crise d'urémie.
Ses obsèques furent célébrées à l'Eglise Ste Marguerite du Vésinet puis sa dépouille fut transportée à Vaucelles (Calvados), où elle fut inhumée dans le caveau familial.
...En savoir plus: article • catalogue • nécrologie•
Murena, Tony (1915-1971)
Antonio Murena, né le 24 janvier 1915 à Borgotaro, en Italie, émigre
en 1923 avec sa famille, comme de nombreux italiens durant les vingt premières
années du siècle. Installé dans la capitale du "piano à bretelles",
à Nogent-sur-Marne, il n'est pas étonnant qu'il ait commencé très
jeune la pratique de l'accordéon, grâce à un oncle qui lui offrit
son premier instrument.
Le garçon se révèle doué, au point d'assurer ses premiers bals dès
l'âge de 9 ans. Lancé par son cousin Louis Ferrari, il fait le tour
des cabarets et autres music-halls en vue de l'époque. A 16 ans,
il s'essaye au bandonéon.
Il intègre ainsi les meilleurs orchestres de tango de l'époque, ceux
de Rafaël Canaro et d'Eduardo Bianco.
Le jazz le passionne ! Là encore, il montre d'excellentes aptitudes.
Il se produit dans de nombreux clubs, avant d'intégrer en 1941 le
fameux Hot Club de France. Le jazz lui ouvre les portes de
l'étranger (Glenn Miller souhaitait même l'accueillir dans son orchestre):
ses tournées le mènent en Italie, Allemagne, Suisse et Amérique du
Sud; au Cambodge, il joue devant le roi Norodom Sihanouk, lui-même
amateur d'accordéon. Aux Etats-Unis, il fait la connaissance d'Astor
Piazzolla.
En 1949, il achète le Mirliton, situé boulevard de Courcelle
à Paris, club où se produisent les meilleurs jazzmen. Django Reinhardt
et Stéphane Grappelli viennent y jouer.
Peu à peu, à partir des années 50, il va, à l'instar de nombreux
collègues, se tourner vers un répertoire facile et lucratif. Il enregistre
ainsi de nombreux disques, où ses immenses qualités musicales ne
sont guère mises en valeur.
Il s'éteint le 26 janvier 1971, à l'âge de 56 ans à son domicile au 17, route
de la Borde au Vésinet.
...En savoir plus : Une des biographies sur le web•
Osso, Adolphe (1894-1961)
Adolphe Osso est né à Saffed, en haute Galilée (aujourd'hui en Israël) le 8 septembre 1894. Parfaite "réplique" européenne des Laski, des Zukor et des Goldwyn, producteurs américains, Adolphe Osso fut le type même de l'industriel-commerçant pour qui le cinéma n'eut de spécificité que commerciale.
En 1920, il produit son premier film, Le Secret de Rosette Lambert réalisé par Raymond Bernard. Fondé de pouvoir en Europe de la puissante Paramount, il crée la même année la Société française des Films Paramount dont il sera le président et le directeur général jusqu'en 1940.
A la fin de 1929, il fonde sa propre maison de production, la Société des Films Osso. Son nom reste attaché à un énorme effort français pendant la première décennie du film "parlant", pour lutter sur tous les marchés — et d'abord sur le marché européen — avec la concurrence américaine d'un côté, allemande (de la U.F.A.) de l'autre.
Dans les années trente, il habita au Vésinet au 2, allée des Genêts, où il organisa des manifestations mémorables réunissant les gloires du cinéma (voir le Congrès Osso).
Il se fit le spécialiste de "produits immédiatement assimilables par tous, de quelque nationalité, de quelque culture et de quelque classe que fût le spectateur" [sic R. Boussinaut]. Production nationale, signifiait pour lui marché limité. Aussi prônait-il les productions internationales où les acteurs se donnent la réplique sans se comprendre, qui font le désespoir des cinéphiles et le bonheur des distributeurs. Mais cette erreur ne lui porta aucun tort sur le plan où il se plaçait: la prospérité de ses affaires jusqu'en 1940 en fait foi. Il se conduisit même parfois avec une certaine générosité pour l'art cinématographique, assurant par exemple le financement de la version française du Testament du docteur Mabuse, de Fritz Lang (1933), ou de La loi du Nord, de Jacques Feyder (1939). Il lança et fit valoir Jean Gabin avec deux films de 1931 Méphisto et Paris-Béguin, ainsi qu'Annabella avec Un soir de rafle.
Revenu en France après la Libération, il reprit une certaine activité après avoir fondé la société des Films Vendôme qui produisit notamment La Reine Margot de J. Dréville (1954), dernier film auquel A. Osso ait participé.
Adolphe Osso est mort à Paris le 15 septembre 1961.
...En savoir plus:Le Congrès Osso • Les films produits par A. Osso•
Pacewicz, Michel (1843-1921)
Architecte français d'origine polonaise, Stéphane Michel Jean Pacewicz est né le 19 octobre 1843 à Château-Gontier (Mayenne), ville natale de sa mère. Son père, un des animateurs de l'insurrection de Varsovie contre le Tzar, en 1830, avait dû s'exiler en France. Ses deux fils, Michel et Stanislas fréquentent l'Ecole Polonaise de Paris, obtiennent leur diplôme en 1860 et 1862 et s'orientent tous deux vers l'architecture.
En 1862, M. Pacewicz, fabricant de broderies, et sa femme achètent à la compagnie Pallu, une maison au 15, rue du Village (actuelle rue Henri Cloppet). Ils la revendent en 1865 pour s'intaller au 22, rue du Marché où leurs deux fils instalent leur cabinet.
Michel, l'aîné, est durant six ans l'élève et le collaborateur de Paul Abadie. Il devient ensuite le collaborateur de Louis-Jules Bouchot. En 1878, Michel reprend la maison, le cabinet et la clientelle de l'architecte Charles Aimé Thomine, au 2, rue du Départ (actuellement rue du Maréchal Joffre). Ses parents, Michel père et sa femme Mathilde née Durand, sont décédés dans cette maison en 1881 et 1880 respectivement. Ils sont enterrés au cimetière du Vésinet.
A l'occasion de l'exposition universelle de 1889, Michel Pacewicz fait la connaissance de notables de la ville Galicienne de Vigo (Manuel Barcena, Francisco Paulino Yañez, Rosendo Silva ...). Pacewicz, qui exerce toujours au Vésinet et habite alors 60, rue du Chemin-de-fer à Chatou, va effectuer quelques séjours à Vigo pour y proposer plusieurs projets importants. Certains seront réalisés : El Moderno (1897), l'Ecole des Arts et Métiers (1897), la Maison Yañez (1900), la Maison de Oya (1904)... Durant la première guerre mondiale, Pacewicz et sa femme, Anne-Marie Traber épousée à Chatou en 1903, s'installent définitivement à Vigo. Dans cette ville qui lui doit plusieurs édifices parmi les plus beaux et les plus représentatifs de la cité, inspirés du style éclectique parisien, Pacewicz est célébré comme une gloire locale. Miguel Pacewicz meurt à Vigo, le 2 février 1921. Il est inhumé au cimetière de Pereiro.
...En savoir plus: El Moderno • Escuela de Artes y Oficios • Maison Yañez • Casa de Oya •L'odyssée des Pacewicz•
Paget-Fredericks, Joseph Rous Marten (1905-1963)
Joseph Paget-Fredericks est né à San Francisco en 1905, d'origine anglaise par sa mère, Constance Paget, et russe par son père Arthur Remy von Hohenthal Fredericks, homme d'affaire et philanthrope. La famille Paget-Fredericks témoignait d'un grand intérêt pour le théâtre. On leur doit le premier musée d'art du Théâtre d'Europe dans leur maison de Martendale Greathouse. Constance Paget-Fredericks sut entretenir la tradition familiale. Tout au long du début du 20e siècle, elle fut l'hôtesse privilégiée de tous les grands danseurs en visite en Californie. Sa collection de souvenirs de théâtre, de danse et d'art était incomparable.
Par la famille de son père, Paget-Frederick était attaché à l'art et la culture russes. Son oncle, le comte Vladimir Borisovitch Fredericks, avait organisé pour Serge Diaghilev et les Ballet Russes, une tournée à Paris pour un festival de la culture russe. qui fut la première représentation de la célèbre Compagnie en dehors de la Russie. C'est à l'occasion d'un autre passage à Paris de la troupe russe que le jeune Paget-Fredericks vint s'installer en France où il se lia avec les membres des Ballets Russes.
Paget-Fredericks avait étudié à l'Université de Californie (UCB), ainsi que dans plusieurs universités européennes, parmi lesquelles Oxford et Cambridge. Il avait également étudié l'art avec Léon Bakst et John Singer Sargent. Pavlova et Bakst furent tellement impressionnés par ses dessins et sa peinture qu'ils parrainèrent sa première exposition à Paris en 1927. Paget Fredericks fit alors plusieurs séjours de quelques mois au Vésinet où il travailla entre autres aux décors et aux costumes de fêtes données par la marquise Casati et par sa voisine, la baronne Deslandes. Il y reçut aussi la visite de personnages illustres tels que Serge Diaghilev, Vaslav Nijinski, Anna Pavlova, Loïe Fuller et Isadora Duncan qu'il a accompagnée chez Bourdelle.
Paget-Fredericks produisit en 1941 la première représentation en Amérique du Lac des cygnes de Tchaïkovski, au San Francisco Opera House. Il a été le premier à enseigner sur la danse dans une université aux Etats-Unis, à l'UCB en 1939. Il a aussi donné des cours sur la couleur et l'art décoratif au California College of Arts and Crafts à Oakland ainsi qu'au Jean Turner Art Center à San Francisco. Au moment de sa mort, il travaillait à des textes d'une série de conférences sur la danse pour l'Université de Californie. Il fut l'auteur et l'illustrateur de plusieurs livres pour enfants et avait prévu d'écrire une série de livres sur la danse. Celui consacré à Pavlova, I Shall Always Love Occident, fut le seul de cette série à être publié. Joseph Paget-Fredericks est décédé à son domicile de Berkeley le 21 avril 1963.
...En savoir plus: Les illustres visiteurs de Joseph Paget-Fredericks au Vésinet.
Péphau, Jean Alphonse (1837-1921)
Administrateur français, né à Marsolan (Gers) le 1er juillet 1837. Durant ses études au lycée de Cahors, il se lia d'amitié avec Gambetta. Licencié en droit, Alphonse Péphau entra en 1860 au ministère des Finances à la suite d'un concours. Il était chef de section à la direction générale de la comptabilité publique au 4 septembre 1870. Gambetta, devenu ministre de l'Intérieur pendant le siège, le fit attacher à son administration comme délégué du ministère des Finances et le chargea d'assurer la subsistance et le logement des habitants des communes suburbaines réfugiés dans Paris. A. Péphau collabora ensuite avec Gambetta, en 1871, à la fondation de la République française, et plus tard à celle de la Petite République française.
Nommé en 1877 à la direction de l'hospice national des Quinze-Vingts, il modernisa l'établissement, augmenta les ressources et les capacités d'accueil de l'hospice. En 1880, il créa la Clinique Ophtalmologique et un laboratoire d'histologie. La Clinique recevait et opérait gratuitement tous les Français indigents dont la cécité paraissait curable. En 1889, près de 4.000 malades étaient venus se faire soigner à la nouvelle institution, dont les quatre cinquièmes étaient repartis guéris de la clinique.
A. Péphau créa une Société d'assistance pour les aveugles, sous le patronage de Léon Say, sénateur, et autres notabilités, et fonda l'Ecole Braille, ainsi désignée du nom de l'inventeur aveugle de la méthode d'écriture en relief, école professionnelle où l'aveugle apprenait un métier.
La famille Péphau possédait au Vésinet, au 14, rue des Chênes, une maison ou Alphonse est mort le 21 octobre 1921. Ses obsèques furent célébrées le 25 octobre à l'église Ste Marguerite, en même temps que celles de son fils Jacques, tué à l'ennemi le 27 mai 1918 en Belgique et rapatrié pour être inhumé dans le caveau familial au Cimetière du Vésinet.
...En savoir plus: ...biographie• L'Ecole Braille aujourd'hui•
Polhès,
Balthazar de (1813-1904)
Issu d'une ancienne famille de la noblesse languedocienne, Balthazar-Alban-Gabriel,
de Bonnet Maureilhan, baron de Polhès est né à Béziers (Hérault)
le 6 décembre 1813. Après Saint-Cyr, il servit en Algérie (1832-1840)
dans la province de Constantine. Il prit part en 1840, aux expéditions
de Milianah et du col de Mouzaya où il fut blessé.
De retour en France comme capitaine, il fut officier d'ordonnance
du roi Louis-Philippe (1843) avant d'être promu chef de bataillon.
Officier de la Légion d'honneur (1848), Balthazar de Polhès fut de
nouveau envoyé en Algérie (1851), dans la province d'Oran puis à Alger.
Lieutenant-colonel (1853), il rejoignit l'armée d'Orient. Promu colonel
sous les murs de Sébastopol (1855), il s'y illustra à la tête du
3e régiment de Zouaves. Le 18 Août 1855, à la bataille de Traktir,
contraignant les Russes à la retraite, il fut blessé en menant ses
zouaves à la charge. Il fut cité à l'ordre de l'armée d'Orient.
L'intrépide colonel reçut alors le commandement d'un régiment de
zouaves de la Garde. De retour à Paris, il défila à la tête de ce
corps d'élite et reçut, le 8 octobre 1857, la croix de commandeur
de la Légion d'Honneur. Promu général (1859), iI commanda en Italie
la 2e brigade du 2e Corps d'armée, sous les ordres de Mac Mahon.
Affecté au service du Saint-Siège en octobre 1867, Polhès commandait
les troupes françaises qui, le 3 novembre 1867, arrêtèrent l'armée de Garibaldi
tentant de prendre Rome pour en faire la capitale de l'Italie en
renversant le pouvoir temporel du pape.
Général de division en 1868, le général de Polhès fut contraint de
cesser ses fonctions en 1870, pour raison de santé. Rentré en activité
le 20 février 1871, il forma quelques semaines plus tard six régiments
provisoires d'infanterie au moyen de prisonniers revenant de captivité.
Atteint par la limite d'âge en 1879, le général passa une grande
partie de sa longue retraite dans sa maison 17, boulevard du Midi (actuel Bld du Président Roosevelt).
Il est décédé le 6 mai 1904, à son domicile parisien au 39, rue Spontini, âgé de 90 ans.
...En savoir plus: Biographie •
Prim, Suzy (1895-1991)
Née le 11 Novembre 1895 à Paris, de parents comédiens qui lui firent
faire ses "débuts" au théâtre à l'âge de dix-huit mois
et au cinéma à deux ans et demi, Suzanne Arduini tourne dans quantité
de films Gaumont (on l'appelle "la petite Arduini")
jusqu'en 1910. Elle a alors quinze ans et, se lance dans une carrière
théâtrale, abandonnant le cinéma (sauf trois ou quatre films autour
de 1920, en ltalie).
Au théâtre, elle travaille avec Lugné-Poe et Signoret mais devient
aussi vedette de revues, notamment aux "Folies-Bergère"
sous le nom de Suzy Prim. Elle eut une liaison de quelques années avec Jules Berry dont elle fut la partenaire au théâtre à de nombreuses reprises.
Avec le cinéma "parlant" elle entame en 1931 une troisième
carrière avec Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, film
qui sera suivi d'une soixantaine d'autres jusqu'en 1976, parmi les
quels Les Bas-fonds, de Jean Renoir (1936). Actrice au visage
aigu et au jeu sec, peu varié, elle a acquis une popularité certaine
mais dans des films mineurs. On lui doit aussi quelques scénarios
dont L'Homme de Marrakesh (1965) de Jacques Deray avec Claudine
Auger et Renato Baldini.
Elle est devenue productrice
pour quelques films (Clara et les méchants, 1958, de Raoul
André avec Pierre Destailles, Minou Drouet) avant de prendre sa retraite.
Elle est morte le 7 Juillet 1991 à Boulogne (92).
...En savoir plus: filmographie •
Quenolle,
Roger(1925-2004)
Roger Quenolle est né le 19 juillet 1925 au Vésinet. A 15 ans, il
découvrit le football au Pecq et s'inscrivit l'année suivante à L'Union
Sportive du Vésinet. Le Stade des Merlettes n'existait pas encore.
On jouait sur l'ancien stade, où sera construit plus tard le Groupe
scolaire Princesse. Repéré sous le maillot vésigondin par Emile Veinante,
l'entraîneur du célèbre Racing (RC Paris), Roger Quenolle
devint professionnel en 1945 dans l'équipe parisienne où il s'imposa
comme titulaire, parmi les "mousquetaires", la fameuse
ligne d'attaque Ciel et Blanc qui pratiquait alors le "tourbillon".
Avec elle, il remporta la Coupe de France en 1949. Cette année là,
il disputa aussi deux matches sous les couleurs de l'équipe de France,
au poste d'avant-centre, contre l'Angleterre d'abord en match amical
puis contre la Yougoslavie en qualification pour la Coupe du Monde
(deux défaites).
En 1950, avec le Racing, il fut encore en finale de la Coupe
de France mais perdit face à la déjà mytique équipe de Reims. Poursuivant
sa carrière de joueur à Rouen (1951-1952), Strasbourg (1952-1953),
Paris encore mais au Red-Star (1953-1957), il rejoignit finalement
l'équipe du Stade St-Germain où il entreprit une nouvelle carrière,
celle d'entraîneur cette fois.
Créateur de l'Ecole de football du Stade-Saint-Germain, ancêtre du
Centre de Formation actuel, Roger Quenolle est dépeint comme un entraîneur-joueur
passionné, râleur et contestataire. Il permit le maintien du club
en CFA, l'élite amateur, pendant 12 saisons.
En 1969 la section football du Stade St-Germain fusionnait
avec le Paris Football Club pour former un nouveau grand club,
le Paris-Saint-Germain football Club (PSG). Sans le
savoir, dans l’ombre, le coach avait bâti un club professionnel.
Mais à la pleine lumière, Roger Quenolle préféra la discrétion. Il
partit donc semer à l’AS Poissy, le club amateur voisin, le savoir
qu’il venait d’inculquer aux Saint-Germanois. Il y resta en fonction
jusqu'en 1983.
Décédé au Vésinet, 23, rue Circulaire, le 13
juillet 2004, il est inhumé dans le cimetière communal.
...En savoir plus: Le joueur, l'entraîneur •
Rigoulot, Charles (1903-1962)
Né le 3 novembre 1903 au Vésinet, 63, boulevard Carnot où ses
parents tenaient une boucherie, il est le huitième enfant d'une imposante
famille.
Après des débuts sportifs dans l'athlétisme (100 m), Charles Rigoulot
s'oriente vers l'haltérophilie, discipline pour laquelle il est naturellement
prédisposé. A vingt ans il est champion de France mi-lourd. L'année
suivante, il est champion olympique en 1924, à Paris, succédant à
son compatriote Ernest Cadine. Il devient une des figures hautes
en couleur de l'entre-deux-guerres. Passé professionnel en 1925,
il est surnommé "l'Homme le plus fort du monde",
et ses tours de force font le bonheur du Tout-Paris. Il maîtrise
notamment l'Essieu d'Apollon, une énorme barre de près de
5 cm de diamètre munie de 2 roues de wagon et pesant 162,400 kg.
En raison d'une blessure, il met un terme à sa carrière en 1931,
ayant
établi plus de cinquante records du monde.
Par la suite, Charles Rigoulot s'illustrera dans le sport automobile,
courant les 24h du Mans et remportant le Bol d'or auto
en 1937. Il sera également l'un des promoteurs du catch en France.
Il se produira dans les cirques, fera quelques apparitions au cinéma
(Cent francs par seconde, avec Bourvil en 1952) et au théâtre.
Charles Rigoulot est mort à Paris le 22 août 1962. Il est inhumé à
Saint-Mandé (94).
...En savoir plus: Biographie•Quelques
chiffres• Catch •
Robida, Albert (1848-1926)
Dessinateur, lithographe, aquafortiste, caricaturiste et romancier.
Né en 1848, Albert Robida débute en 1866 au Journal amusant.
En 1869 paraît dans le Polichinelle une série de dessins d'un
conflit armé imaginaire où il préfigure ce qu'il représentera dans
la "Guerre au vingtième siècle" parue dans la
Caricature en 1883. En 1871, il entre à la Vie parisienne,
dont il restera un des principaux collaborateurs. En 1873, il fait
un séjour à Vienne où il collabore au journal satirique Der Floh (La
Puce). De retour à Paris il fonde La Caricature (reprenant
le titre de Philipon) dont il est le rédacteur en chef jusqu'en 1892.
Il se fait construire, en 1894, au 15, route de la Plaine une
vaste maison, dont il a dessiné les plans. Mais l'architecte auquel
il a fait appel dénature son projet et en fait "une demeure
sans cachet particulier". En désespoir, Robida s'y installe
avec ses six enfants (un septième naîtra au Vésinet). Il fait élever
une annexe à côté de la maison et l'arrange, ainsi que le jardin,
selon ses propres goûts.
Le 5 mai 1900 il est élu au conseil municipal du Vésinet et réélu
jusqu'au 15 mai 1908. Il poursuit son œuvre jusqu'à sa mort, mêlant
humour, anticipation, voyages, livres pour enfants et illustrations.
Après la guerre de 1914-1918, il quitte Le Vésinet pour Neuilly où
il s'éteint le 11 octobre 1926. Il est enterré au cimetière de Croissy.
...En savoir plus: biographie •Les
amis de Robida • un blog•
Rudier, Eugène (1875-1952)
Né en 1875 à Paris, Eugène Rudier reprend en 1897,
à la mort de son père Alexis, la fonderie fondée par celui-ci en
1874. Il conserve cependant la prestigieuse signature d'Alexis Rudier.
En 1902, Eugène, arrache à son oncle François, fondeur d'art lui
aussi, la clientèle de Rodin, sculpteur alors mondialement connu.
Il continue
également à travailler pour des orfèvres tels que Chaumet, Boucheron,
Aucoc,...Vers 1905, Maillol s'adresse lui aussi à Eugène Rudier,
auquel il confie dès lors une grande partie de ses travaux dont des
fontes en plomb.
En 1918, Eugène Rudier acquiert au Vésinet un grand terrain, un parc
boisé au 84, de l'actuelle avenue Georges-Clemenceau. Il dispose
dans le parc au milieu des arbres quelques unes des plus célèbres
statues sorties de ses moules. Après la mort de Rodin, en cette même
année 1918, Rudier obtient du Musée Rodin, l'exclusivité des fontes
pour le musée, faveur dont il bénéficiera jusqu'à sa mort en 1952.
Au cours de l'été 1929, Eugène Rudier invite Bourdelle, malade,
à venir passer l'été dans sa propriété du Vésinet où le sculpteur
s'éteint.
Les ateliers de Paris sont déménagés en 1934 dans la proche banlieue
sud, à Malakoff. Les ateliers de la rue de Saintonge seront abandonnés
vers 1935-1936. Dans un bâtiment voisin de la fonderie spécialement
aménagé, Rudier installe sa collection privée de sculptures, mais
aussi de tableaux et de dessins. Durant l'entre-deux-guerres, la
fonderie d'Eugène Rudier emploie une quarantaine d'ouvriers. L'action
syndicale est alors très virulente chez les employés de la métallurgie.
Rudier sait accepter l'activité syndicale dans son entreprise, rémunère à
juste prix et fidélise ainsi une équipe talentueuse et dévouée.
Pour l'Exposition internationale de 1937, Rudier remporte la quasi
totalité des marchés. C'est l'apothéose. Il reçoit de l'État de nombreuses
commandes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Rudier fondra à la
demande de Arno Becker, pour le Reich, une monumentale Porte de
l'Enfer de Rodin.
Eugène Rudier meurt le 18 juin 1952 à Malakoff. Il est inhumé au
Vésinet.
...En savoir plus: Biographie • Musée Rodin • le maître fondeur Eugène Rudier•
Sainteny, Jean ROGERdit (1907-1978)
Né au Vésinet, le 28 mai 1907 au 14, avenue d'Alsace, Jean
Roger entre à la banque de l'Indochine en 1929. Il est envoyé en
Extrême-Orient jusqu'en 1931, mais ce séjour suffit à l'attacher
durablement à cette région du monde.
Après avoir été un résistant courageux (sous le pseudonyme de "Sainteny"
dont il fera son nom), il sera un gaulliste indéfectible.
De 1940 à 1944, il utilise la couverture d'une société d'assurances
qu'il créée pour constituer un réseau de renseignements en Normandie.
Il est l'un des chefs d'Alliance, le grand réseau rattaché
à l'Intelligence Service britannique. Il permet de nombreuses
évasions et la transmission de précieuses indications pour le succès
du débarquement allié en Normandie. En juillet 1944, après sa troisième
arrestation, il s'évade de la rue des Saussaies et reprend le combat
pour assurer des liaisons avec l'état-major de la IIIe armée
américaine en marche vers la région parisienne.
Il retourne en Extrème-Orient en 1945, comme chef de la mission militaire
française en Chine, chargé d'infiltrations secrètes vers l'Indochine
du Nord. Premier officier français à revenir à Hanoi, Jean Sainteny
est nommé commissaire de la République pour le Tonkin et l'Annam
du Nord. À ce poste, jusqu'en mars 1947, il prend la mesure de la
volonté
d'indépendance des nationalistes vietnamiens et signe avec Hô Chi Minh,
le 6 mars 1946, les accords "Ho-Sainteny", qui permettent
aux troupes françaises du général Leclerc d'entrer sans combat dans
Hanoi, première tentative de décolonisation pacifique. Mais, après
la rupture de la conférence de Fontainebleau, le 19 décembre 1946,
c'est l'insurrection générale à Hanoi et le début de la guerre d'Indochine.
Une fois conclus les accords de Genève, Jean Sainteny est, de 1954
à 1958, délégué général de France au Vietnam du Nord.
Compagnon de la Libération, il devient le ministre des Anciens Combattants
du gouvernement Pompidou, de décembre 1962 à janvier 1966, après
qu'il eut siégé un mois à l'Assemblée comme député UNR-UDT de la
Seine.
Il siège au Conseil constitutionnel, de 1968 à 1977.
Préoccupé par les problèmes écologiques, qu'il connaît comme président
de la commission nationale de lutte contre la pollution des eaux,
il est le président français du World Wildlife Fund de 1968
à 1970.
Membre du haut comité de l'environnement de 1971 à 1975, il devient
vice-président de l'Office national de la chasse en 1972 et contribue
à l'affirmation du rôle de cet office dans la protection des gibiers.
Enfin, il a fondé en 1967 le Fonds français pour la nature et
l'environnement, qu'il présidait, patronnant ainsi des associations
de défense des sites naturels, des opérations de repeuplement d'oiseaux
rares.
...En savoir plus: Biographie • Compagnons de la libération• WWF •
Sartorius, William Reginald (1841-1907)
Fils d'un amiral de la flotte britannique, sir George Rose Sartorius, et frère d'un autre major général, Euston Henry Sartorius, Reginald Sartorius est un héros des guerres coloniales de l'Empire britannique, en Afrique et aux Indes. Né le 8 mai 1841, le major Reginald Sartorius, 36 ans, est au 6e Régiment de Cavalerie du Bengale, durant la première expédition contre la révolte des Ashantee lorsque le 17 janvier 1874, au cours de l'attaque sur Abogoo, il accomplit un fait d'arme glorieux qui lui vaudra la popularité et la Victoria Cross, la plus prestigieuse décoration militaire de Grande Bretagne, reçue des mains de la Reine Victoria elle-même.
Auparavant, Reginald Sartorius avait fait carrière aux Indes (1857-1859) avec le 72e BNI (Bengale Native Infantry), puis au Bhoutan (1864-1865) avec le 5th Cavalry Bengale. Promu lieutenant-colonel (1878), il alla ensuite combattre en Afghanistan (1878-1880).
Durant sa retraite comme Major général (équivalent de général de division), il passa quelque temps en France avec sa femme et ses deux enfants, dans une villa de l'avenue de la Princesse (aujourd'hui avenue du Général de Gaulle) au Vésinet, dans les dernières années du XIXe siècle. Il est peut-être le mystérieux "général Remaru, un vieux militaire retraité" qu'évoque Maurice De Vlaminck dans ses souvenirs d'enfance et dont on n'a pas retrouvé la trace. Reginald Sartorius est mort le 8 août 1907 à Cowes dans Ile de Wight.
...En savoir plus: Le fait d'arme •
Sauvage, Camille (1910-1981)
Compositeur et chef d'orchestre, est né le 4 Avril 1910 à Ferrière-la-Petite
dans le Nord. Jazzman, il composa et enregistra de nombreux
albums avec son orchestre. On lui doit aussi de nombreuses musiques
de films et des chansons (parfois sous le pseudonyme de Eric Framond).
Il fit une apparition au cinéma (Adieu Paris, 1952) où,
fils d'un riche fabricant d'apéritifs, il réalise son rêve de devenir
chef d'orchestre, et tombe amoureux d'une chanteuse (Françoise Arnould).
Chevalier de la Légion d'honneur, il fut aussi vice-président
de la SACEM.
Installé au Vésinet au début des années
'60, il habita 2, avenue Georges-Bizet jusqu'à sa mort survenue
à Paris, le 31 octobre 1981. Il est enterré au Vésinet.
Satre, Pierre (1909-1980)
Né à Grenoble le 4 mai 1909, Pierre Satre était sorti de Polytechnique
en 1931 et de Sup' Aéro en 1934, après avoir fait son service militaire
comme pilote et observateur à Avord. Ingénieur de l'Air, il était
d'abord au C.E.M.A. (Villacoublay) puis au Service Technique de l'Aéronautique
où il travailla au bureau de calcul jusqu'en mars 1941. Entré à la
SNCASE, en zone sud, il étudie avec Robert Castello des projets de
développement de Dewoitine 520 (le 582) puis d'un planeur biplace
côte à côte. A la Libération, il réalise l'étude d'un chasseur embarqué
dont les trois prototypes ne purent voler faute de livraison des
moteurs prévus. C'est encore à Pierre Satre que sont dus l'aile volante
de tourisme SE-2100 et les avions de liaison 2300/2310 avant le premier
grand programme du quadrimoteur long courrier SE-2010 Armagnac.
Avec le chasseur Grognard, il innove en superposant les deux
réacteurs. Avec Durandal, ensuite, il adopte l'aile delta.
Avec Caravelle, enfin il inaugure les réacteurs accolés au
fuselage, formule qui fera école dans le monde entier. Pierre Satre,
âgé de 46 ans, est le père de Caravelle. C'est lui qui, avec
le concours de son bureau d'études de la Société Nationale de Construction
Aéronautique du Sud-Est à Toulouse, conçut cet avion qui allait devenir
l'ambassadeur du génie aéronautique français. Toujours tourné vers
les solutions de pointe, Pierre Satre, était un personnage modeste,
effacé, bienveillant et courtois sachant faire prévaloir ses idées
sans les imposer de façon sectaire. Il habita au Vésinet, allée
du Lac Supérieur. Il est mort le 12 juillet 1980... après avoir
toujours cultivé les roses avec amour ! Il est inhumé au cimetière
du Vésinet.
...En savoir plus: Biographie•Caravelle•Concorde•
Scalini, Marie (1852-1931) Marie-Louise Chack, dite
Marie-Louise Chack nait à Paris (3e) le 21 octobre 1852. Après des études de chant, elle entreprend une carrière dans l'art lyrique (mezzo-soprano) sous le pseudonyme de Marie Scalini. Elle fait ses débuts à Paris en 1873 et connaît aussitôt le succès. On peut l'entendre dans les opéras-comiques et les "opérettes" très en vogue, aux Bouffes-Parisiens (1873), Menus-Plaisirs (1875), Théâtre Lyrique (1878), à Bruxelles aux Fantaisies Parisiennes (1879), et de nouveau aux Bouffes-Parisiens (1880), Folies-dramatiques (1881).
En 1882, après une courte interruption dans sa carrière, elle fait sa rentrée au Bouffes-Parisiens (1882-1883) et la critique note un changement important de ses capacités vocales, résultat d'un travail dirigé par le professeur Arnoldi. Celle qu'on appelle désormais Mme Scalini aborde alors un répertoire plus ambitieux et très vaste (du Bal des Pâquerettes au Freischültz) au Châtelet (1883), à l'Odéon etc. En 1884, elle fait une dernière apparition dans Rip, puis elle quitte le théâtre lyrique pour limiter ses rares apparitions à des concerts et se consacrer à l'enseignement du chant et de la déclamation.
Elle s'intéresse aussi à l'Orphelinat des Arts, une institution fondée en 1880, qui se propose d'élever gratuitement, en leur assurant une instruction sérieuse et une éducation familiale, les orphelines et les orphelins des artistes (de toutes les branches de l'art: écrivains, peintres, sculpteurs, compositeurs, artistes lyriques et dramatiques, etc.) de nationalité française, sans distinction de religion. Elue vice-présidente trésorière en 1892, elle remplit cette fonction presque à plein temps durant 28 ans. En 1919, elle est élue présidente et le restera jusqu'à sa mort en 1931.
Chevalier puis officier des arts et lettres, elle reçoit les palmes académiques en 1897 et la Légion d'Honneur en 1925.
Elle meurt dans sa maison du Vésinet, 3, avenue Kléber, le 13 août 1931. Ses obsèques sont célébrées à l'Eglise Ste Marguerite en présence de très nombreuses personnalités du monde du spectacle, des arts et de la politique. Elle est inhumée au cimetière municipal.
...En savoir plus: Biographie•
Séphériadès, Jean (1922-2001)
Né à Paris le 2 janvier 1922, Jean Séphériades fut
six fois champion de France d'aviron (1942-1946) en skiff (un seul
rameur), une fois en double scull (1945) et champion d'Europe (1947).
Il remporta en 1946 la célèbre régate des Diamonds Sculls à
Henley en Grande Bretagne, équivalent du championnat du monde. Il
fut le porte-drapeau de l'équipe de France olympique en 1948.
Homme courageux, généreux et enthousiaste dans ses entreprises, Jean
Séphériadès avait rallié la 2e DB du Général Leclerc et fait la campagne
d'Allemagne dans un des chars de cette division d'élite. Démobilisé,
il avait reprit les chemins des bassins de la Société Nautique de
la Basse Seine, tout en travaillant pour son père, éditeur de cartes
postales.
Après les jeux Olympiques de Londres de 1948, il avait abandonné l'aviron
au niveau international et pris des responsabilités à la commission
technique de la Fédération Française des Sociétés d'Aviron.
Jean Séphériadès possédait une maison 46bis,route de Croissy.
Il a passé de nombreuses années au Vésinet, jusqu'à sa mort accidentelle,
le 21 août 2001. Il a été inhumé au cimetière
du Vésinet.
...En savoir
plus: biographie•tout sur l'aviron•
Stoltz,
Rosine (1815-1903)
Victoire Noël, née à Paris le 13 janvier 1815, reçoit une éducation
musicale auprès de Choron,ancien directeur de l'Opéra. Après des
débuts
à Bruxelles au Théâtre du Parc (1831), elle se produit à Anvers,
Amsterdam, Lille, Spa sous le nom de Rosine Ternaux ou Mlle Héloïse.
Puis elle prend le nom de Rosine Stoltz vers 1835. Sur la recommandation
de Adolphe Nourrit, célèbre ténor de l'époque, Rosine Stoltz est
engagée l'Opéra de Paris où elle débute le 25 août 1837 dans La
Juive. Durant dix ans, elle connaît un succès considérable qui
la fait compter parmi les plus grandes cantatrices du XIXe siècle.
Parmi ses nombreuses créations, Guido et Ginevra, Benvenuto
Cellini de Berlioz, La Xacarilla, la Favorite,
où son triomphe est éclatant aux côtés de Duprez, Barroilhet et Levasseur, la
Reine de Chypre, Charles VI, qui mit le comble à sa renommée,
le Lazzarone, Othello, Marie Stuart, l'Etoile de
Séville, David, Robert Bruce... Mais la diva, qui est aussi une intrigante, finit par s'attirer
de redoutables inimitiés qui la contraindront à quitter l'Opéra en
1847. Reparue en 1850, après quelques tournées en province, elle
renoue avec le succès à Lisbonne, Turin, puis à Rio. Au début de
1855, elle est de retour à Paris pour un petit nombre de représentations à l'Opéra,
dans le rôle de Fidès, du Prophète que Meyerbeer lui avait
destiné à l'origine. Puis elle quitte définitivement la scène.
En 1860, elle se fait construire une somptueuse villa au Vésinet
sur la "route n°4, rive Gauche" qui devient route
de la Villa-Stoltz. En 1874 la "Maison
de la chanteuse" sera rachetée par Auguste Hériot.
Mariée deux fois, à Bruxelles le 2 mars 1837, avec Auguste Lécuyer,
un avocat de Rouen, dont elle se sépare peu d'années après, puis
en 1878 à Pampelune avec don Manuel-Luis de Godoï, prince de Bassano,
elle n'aura finalement qu'un fils, né de père inconnu le 21 janvier
1848 à Paris, Charles Raymond Stoltz. Ce dernier sera anobli en 1868
par le duc régnant de Saxe Cobourg Gotha, sous le nom de "baron
Stoltzenau von Ketschendorf".
Elle meurt dans le superbe hôtel Cosmopolite de l’avenue de
l'Opéra, le 30 juillet 1903.
En 1909, la Société de l’Histoire du
Théâtre renouvela la concession de cinq ans au cimetière de Pantin, grâce à laquelle
la fameuse cantatrice, déjà bien oubliée, avait échappé à la
fosse commune.
...En savoir plus: Biographie• critique d'Hector Berlioz •
Thélin, Charles (1801-1880)
Né à Paris, le 5 août 1801, il entra comme page à la cour de Napoléon Ier puis servit la famille de Beauharnais. Il vit, dit-on, mourir l'impératrice Joséphine et plus tard la reine Hortense. Il vit mourir le frère aîné du futur Napoléon III, dans la déplorable expédition des Romagnes (1831). Il suivit le prince Louis en exil aux États-Unis et en Angleterre. Il fut à ses côtés dans ses tentatives de coups de force à Strasbourg (1836) et à Boulogne (1840). A Ham, il obtint de rester au service du prince prisonnier. Son rôle dans l'évasion du Fort de Ham fut déterminant et lui valut la reconnaissance éternelle du futur empereur qui en fera le "trésorier de la cassette particulière de l'empereur", sous le contrôle de Pierre Bure, Trésorier général de la Couronne. Charles Thélin reçut la croix de chevalier (1853) puis le grade d'officier (1863) de la Légion d'Honneur.
D'une fidélité absolue à l'homme auquel il avait voué sa vie "un de ces serviteurs qu'on ne peut comparer, pour l'ardeur de leur zèle, qu'au Caleb de Walter Scott, qui mettent tout leur coeur dans l'accomplissement de leurs modestes fonctions et les élèvent presque à la hauteur d'un ami", Charles Thélin suivit encore Napoléon déchu en exil et le servit jusqu'à sa mort le 9 janvier 1873.
En juillet 1879, à l'occasion des obsèques du Prince Impérial, le Journal le Constitutionnel remarquait la présence de ce "vieillard plus qu'octogenaire dont la destinée a été de conduire le deuil de tous les Bonaparte et de tous les Beauharnais".
Retiré au Vésinet, il y passa les dernières années de sa vie, avec sa femme née Esther Bayle, ancienne demoiselle d'atour de l'Impératrice Eugènie, au 49, avenue du Chemin-de-fer RG (actuelle av. Maurice Berteaux) où il s'éteignit le 26 septembre 1880.
...En savoir plus: L'évasion de Ham• Exil à Wilhelmshœhe•Une lettre du Trésorier de la cassette•
Trepper, Léopold(1904-1982)
Né en Pologne à Nowy-Targ, le 23 février 1904, Trepper fut le chef
de l'Orchestre rouge, un des plus importants réseaux du service
de renseignements soviétiques durant la Seconde Guerre mondiale.
Il occupa comme pied à terre pendant les années 1940 - 1942 une propriété
au 22, route de la Borde. Connu de la Gestapo sous le nom
de Jean Gilbert, fiché à la Sûreté française sous le pseudonyme
de Dom, codé par les Soviétiques sous celui de Otto,
Léopold Trepper est mort à soixante-dix-sept ans à Jérusalem le 19
janvier 1982.
...En savoir plus: biographie •
Tucholsky, Kurt(1890-1935)
Écrivain allemand, né à Berlin le 9 janvier 1890; il fréquenta l'Ecole
française de Berlin. Après des études de droit et un doctorat obtenu
en 1914, il fut soldat sur le front de l'Est (Baltique, puis Roumanie),
et fit une école d'aviation (1917). Après la guerre, il partagea
son temps entre des emplois de bureau et la rédaction d'articles
pour des revues: Ulk, dont il sera rédacteur en chef de 1918 à 1920,
et Die Schaubühne (sous divers pseudonymes). Journaliste francophile,
il fut correspondant à Paris, à partir de 1924, de Die Vossischen
Zeitung et Die Weltbühne dont il devint le directeur en
1926. Démocrate et antimilitariste, il dénonça les tares de l'Allemagne
contemporaine dans des poèmes et des chansons satiriques ou humoristiques
et dans des pamphlets (Deutschland, Deutschland über alles,
1931) et des pièces radiophoniques. À l'avènement du nazisme, ses
livres furent brûlés et il dut se réfugier en Suède, à Hindas où il
se suicida le 21 décembre 1935.
Avec sa seconde épouse, Mary Gerold, il a habité de juin 1925 à novembre
1926 au Vésinet, 28,avenue des Pages, où il a écrit
des poèmes (sous le pseudonyme de Theobald Tiger) et son Livre
des Pyrénées (Ein Pyrenäenbuch - Berlin, Verl. Die Schmiede,
1927).
...En savoir plus: Tucholsky en France • chroniques parisiennes•
Utrillo, Maurice (1883-1955)
Fils naturel de Suzanne Valadon, qui fut le modèle de Toulouse-Lautrec,
Puvis de Chavannes et Degas, et d'un père alcoolique qui refusa de
le reconnaître, Utrillo est adopté en 1891 par le critique d'art
espagnol Miguel Utrillo y Molins.
La fatalité de l'alcoolisme qui pesa si lourdement sur le destin
d'Utrillo se manifeste, en 1900, par une crise aiguë qui justifie
la première cure de désintoxication à l'asile Sainte-Anne. Sur les
conseils des médecins, sa mère l'initie au dessin et à la peinture
en 1902. Aussitôt, l'élève fait preuve de remarquables dispositions
(Heuzé conteste cette version généralement admise).
Jusqu'en 1906, Utrillo exécute un grand nombre de paysages à Montmagny,
non loin de Paris, près de Montmorency, où Suzanne Valadon avait
acheté
une maison en 1893. De 1905 à 1908, sa manière révèle l'influence
de Sisley et de Pissarro (Paris vu du square Saint-Pierre,
1906-1907). À cette période, dite "impressionniste", succède
la "période blanche" (1908-1914), sans doute la plus remarquable
de son oeuvre (l'Église de Deuil, 1912). Mais l'état de santé
d'Utrillo nécessite de nouveaux internements en 1912, 1914, 1916
et 1921. Rendu à une vie plus calme à partir de 1923, Utrillo ne
cessera plus de peindre jusqu'à sa mort à Dax en 1955.
Entre 1914 et 1920, Utrillo accuse fortement les contours de son
dessin. L'adoption de ce style, qui rapproche les oeuvres de cette époque
de la manière de sa mère, fera parler d'une période "cloisonnée".
La butte Montmartre, où Suzanne Valadon s'était installée vers 1903,
rue Cortot, est depuis longtemps déjà la source principale de son
inspiration, qu'il s'agisse de peintures exécutées sur le motif (la
Maison de Berlioz, 1910) ou d'œuvres réalisées chez lui d'après
de simples cartes postales.
Vers 1919-1920, au moment où l'on commence à apprécier son talent,
il marque une nette prédilection pour l'emploi de couleurs plus vives,
dès lors caractéristiques de la période dite "colorée".
En 1921, est organisée la première grande exposition d'Utrillo et
de Suzanne Valadon. A partir de 1925, il se montre de moins en moins
capable de maîtriser ses dons.
En 1935, trois ans avant la mort de sa mère, Utrillo épouse Lucie
Pauwels, une veuve fortunée, peintre sous le nom de Lucie Valore.
Elle prendra soin de lui jusqu'à la fin de ses jours. Le couple s'installe
au Vésinet d'abord Route de la Plaine (adresse inconnue) puis
en 1936 au 18, route des Bouleaux (villa La Bonne Lucie)
jusqu'en 1955, année de la mort du peintre.
Utrillo est l'auteur des décors et des costumes d'un ballet monté
par Serge de Diaghilev en 1926: Barabau. En 1950, l'Opéra-Comique
lui commanda les décors et les costumes de Louise, pour le
cinquantenaire de l'oeuvre de Gustave Charpentier.
...En savoir plus: Site officiel • Biographie selon Heuzé • Texte de Guy Lamy • Lucie
Valore • reportage (1955)•
Vailland, Roger (1907-1965)
Roger Vailland est né à Acy-en-Multien, Oise, le 16 octobre 1907.
Il fonde avec René Daumal de la revue le Grand Jeu (1928-1929),
proche des surréalistes qu'il critiquera plus tard (le Surréalisme
contre la révolution, 1948). En 1928, recruté par Pierre Lazareff,
Vailland entre à Paris-Midi comme pigiste et entame une carrière
de reporter.
A partir de 1936, la maison de sa belle-soeur, au 2, avenue Kléber au
Vésinet, devient sa résidence secondaire. Il y vient régulièrement
avec sa femme Andrée Blavette.
En 1942, il entre dans la Résistance. À l'automne de 1945 paraît Drôle
de jeu, roman de la Résistance et prix Interallié
En 1945, il est correspondant de guerre pour Libération. Il
publiera des récits de voyage (Boroboudour, 1951) et de nombreux
reportages jusqu'à sa mort.
En 1952 il s'inscrit au parti communiste. Il devient un stalinien
convaincu. Il écrit une pièce consacrée à la guerre de Corée, Le
colonel Foster plaidera coupable, qui est interdite en France
(1952). Les révélations du XXe congrès du PCUS l'atteignent en plein
cœur: don Césare, héros de La Loi (prix Goncourt 1957)
exprime le désenchantement de Vailland qui, désormais, ne se départira
plus de son attitude de "spectateur".
Ses romans, d'une écriture classique, construits comme des tragédies,
reflètent, à travers des influences diverses (Drôle de jeu,
1945; les Mauvais Coups, 1948; Beau Masque, 1954; 325
000 Francs, 1955), un caractère amoureux des plaisirs, mais fort
et lucide, qui rêva de concilier en lui le libertin (Monsieur
Jean, 1959) et le militant (la Loi, 1957; Éloge du
cardinal de Bernis, 1956; le Regard froid, 1963; la
Truite, 1964).
Roger Vailland est mort à Meillonnas, Ain, le 12 mai 1965.
...En savoir plus: Les amis de Roger Vailland • film •
Vaillard, Pierre-Jean (1918-1988)
Né le 12 mars 1918 à Sète, fils du secrétaire de mairie, il fait
des
études de lettres à Montpellier avant de monter sur les planches
après un passage au Cours Simon. Réfugié en Afrique du Nord durant
la Guerre, il fonde à Alger, rue Mogador, le Théâtre des Trois-Baudets (1943)
où il se produit comme chansonnier avec Christian Vebel et Georges
Bernardet. De retour en France métropolitaine, il apparaît dans divers
théâtres de chansonniers, Les Noctambules, les Deux-Ânes,
le théâtre de Dix-Heures, le Caveau de la République, le Dom
Camilo. Il participe à de nombreuses
émissions radiophoniques avec Robert Rocca, Jacques Grello, Jean
Valton, et à la Télévision française où il acquiert une grande popularité.
On lui doit plusieurs livres: Je vous salue, Mesdames (1963), Guirlandes
et Sourires (1964), Tu parles Charles (1969), le Hérisson
vert (1970), Une plume dans le vent (1971), l'Escargot
est dans l'escalier (en coll., 1972), Cueillons dès aujourd'hui (1973), Voulez-vous
sourire avec moi (1983), ouvrages pour l'essentiel composés des
aphorismes qui ont fait son succès sur scène: "Méfiez-vous
des gens dont on dit qu'ils ont le coeur sur la main. Comme ce n'est
pas sa place, demandez-vous ce qu'ils peuvent bien avoir à la place
du coeur".
Il consacre la fin de sa carrière au Théâtre comme interprète de Knock, N'écoutez
pas Mesdames, L'Impôt et les os (1983), Les Zéros sont
fatigués (1984). Il a fait quelques apparitions au cinéma dans Assassins
et Voleurs (1957), Colère froide, le Naïf aux 40 enfants (1958), laFrançaise
et l'Amour (1960), ou des films pour le petit écran comme Salle
n°8 (1967), Bonsoir Chef (1977), etc.
Pierre-Jean Vaillard a vécu durant de nombreuses années et jusqu'à
la fin de sa vie au Vésinet, 31, route de Montesson . Il est
mort le 17 février 1988. Il pratiquait parfois la pêche à la ligne
dans nos lacs et il s'est produit plusieurs fois au Théâtre qui s'appelait
alors le CAL.
Il est inhumé au cimetière de Montmartre.
...En savoir plus: Epitaphe • Pour rire •
Vergeot, Eléonore dite la belle
sabotière (1820-1886)
Eléonore Alexandrine, née à Estouilly près de Ham, dans la Somme,
le 3 septembre 1820, est la fille d'Antoine Vergeot, tisseur, et
Marie-Louise Camus.
On la dépeint comme une "très jolie fille, saine et vigoureuse,
grande mais potelée, fraîche aux yeux bleus et aux cheveux châtains".
A 16 ans, elle fait des ménages chez Madame Renard, femme du portier-consigne
du fort de Ham, étant de temps à autre chargée d'apporter de la nourriture
aux prisonniers. Le 25 mai 1841, une lettre du ministre de l'Intérieur
l'autorise à visiter et réparer le linge du prince Louis Napoléon
Bonaparte, détenu à Ham depuis 1840. Une liaison ne tarde pas à se
nouer et l'on dit même qu'Eléonore demeurait dans l'appartement du
Prince. Elle lui donne deux fils nés (à Paris) le 25 février 1843
et le 18 mars 1845.
Le 26 mai 1846, le Prince "coupa ses moustaches, se coiffa
d'une casquette, chaussa de gros sabots, chargea de champ, sur son
épaule, une planche arrachée de sa bibliothèque et s'en couvrit le
visage puis franchit les guichets sous ce déguisement"!
En 1858, Eléonore sera mariée à Pierre Bure, frère de lait de l'Empereur
devenu trésorier général de la Couronne. Pierre Bure reconnaîtra
en 1858 les deux fils de Louis Napoléon qui les titrera. Alexandre
Louis Eugène (1843-1910) devenu comte d'Orx sera consul de France à Zanzibar,
puis, installé au château de Castets deviendra maire de Saint-André
de 1885 à 1910, et conseiller général du canton de Saint-Martin-de-Seignanx
(Landes). Louis Ernest Alexandre (1845-1882), fait comte de Labenne,
sera receveur des Finances.
Après avoir occupé durant le second empire le château de Moyeux à
La Chapelle-Rablais, le couple Bure habita une villa du Vésinet,
au 5, route de l'Arrivée Rive Gauche, (qui deviendra l'avenue
Georges-Bizet) avec Edmond Bure leur fils. Après la mort de son mari
en 1882, Madame Bure finit sa vie au Vésinet où elle mourut
le 4 août 1886, au 5, rue Auber. Après sa mort, selon sa volonté,
elle fut transportée à Paris et inhumée près de son mari, au cimetière
de Montmartre, C.P. n°156.
...En savoir plus: Le fort de
Ham • Les
enfants•
Vizetelly, Henry (1820-1894)
Editeur anglais, Henri Richard Vizetelly est né à Londres le 30 juillet 1820. Fils d'imprimeur, il débuta comme apprenti graveur sur bois. Encouragé par le succès de The Illustrated London News, un des premiers journaux illustrés, Vizetelly fonda en 1843, avec son frère James Thomas et Andrew Spottiswoode, Pictorial Times, qui parut avec succès pendant plusieurs années. En 1855, en partenariat avec Boyne, il fonda un périodique le Threepenny Illustrated Times. En 1865 Vizetelly s'installa à Paris et devint correspondant de l'Illustrated London News. Il habita alors au Vésinet dans une grande maison en forme de "Castel neo-gothique" qu'il louait. Cette location lui causa des tracas au point d'aller devant les tribunaux. Son ami et avocat, Jules Favre, homme politique en vue, chef de file de l'opposition républicaine durant le second empire, ne lui obtint pas gain de cause.
Au cours des années passées à Paris, Vizetelly publia plusieurs livres - Paris in Peril (1882), The Story of the Necklace Diamond (1867) et une traduction libre de L'Homme au masque de fer de Topin. En 1872, il fut affecté à Berlin, où il fit paraître "de Berlin sous le Nouvel Empire" (1879). Certains ouvrages ont été publiés sous le pseudonyme de J. Terwhitt Brooks.
De retour à Londres, en 1887 Vizetelly créa une maison d'édition en publiant de nombreuses traductions d'auteurs français et russes. En 1888, il fut poursuivi pour avoir publié la traduction de La Terre de Zola, et reçut une amende de 100 Livres. Quand il réédita les œuvres de Zola, en 1889, il fut de nouveau poursuivi, condamné à une amende de 200 Livres qu'il ne pouvait payer et fut emprisonné pendant trois mois ! En 1893, il fit paraître un recueil de souvenirs autobiographiques appelé Glances Back through Seventy Years, une représentation illustrée de la Bohème littéraire à Paris et à Londres entre 1840 et 1870. Il est décédé le 1er janvier 1894.
...En savoir plus: Vizetelly et Zola•
Willet, Abraham (1825-1888)
Collectionneur hollandais d'objets d'art, à l'origine avec sa femme Louisa
Willet-Holthuysen [voir ci-dessous] d'un musée d'Amsterdam qui
porte leur nom.
Willet-Holthuysen, Louisa (1824-1895)
Fille d'un riche négociant d'Amsterdam, Gerard Holthuysen, qui a
fait fortune dans le commerce du verre à vitre et du charbon anglais,
Louisa Holthuysen hérite en 1858 d'une maison du XVIIe siècle située
au bord du canal Herengracht, au coeur d'Amsterdam, et d'une
petite fortune. En 1861, à 37 ans, elle épouse le fils d'un médecin
réputé
d'Amsterdam, Abraham Willet. Ce dernier consacrera la fortune de
sa femme à constituer une remarquable collection d'objets d'art (porcelaines
chinoises de la dynastie des Kangxi; collection de verrerie,
d'argenterie et de céramique; bronzes, faïences et porcelaines; livres
et tableaux).
Dans les années 1860 et '70, le couple voyage beaucoup dans toute
l'Europe à la recherche d'objets précieux. Abraham Willet fait photographier
les objets et les lieux qu'il apprécie, se constituant ainsi une
collection de photographies de Bruxelles, Paris, Gênes, Milan, Florence,
Rome, Naples, Venise, Vienne et Dresde. Certains des auteurs de ces
clichés, comptent maintenant parmi les photographes les plus représentatifs
du XIXe siècle.
De 1874 à 1884, le couple a habité au Vésinet une "maison de
campagne", à l'angle de la Route de Chatou (n°107)
et du Boulevard de Ceinture RG, (actuels boulevards
Carnot et d'Angleterre).
Veuve en 1888, et sans postérité, Louisa Willet-Holthuysen lègue à
la Ville d'Amsterdam la maison du Quai Herengracht avec tout ce qu'elle
contient. Après sa mort survenue en 1895, la maison devient un musée
réputé.
On sait peu de chose sur la personnalité des deux époux et la vie
du couple sinon à travers un roman qui leur a été consacré par Frans
Coenen, le premier conservateur du Musée Willet-Holthuysen (Onpersoonlijke
Herinneringen, 1936). Le mari y apparaît peu sympathique, uniquement
occupé à dépenser la fortune de sa femme. Mais ce n'est qu'un roman...
...En savoir plus: Musée Willet-Holthuysen•
Xenakis,
Iannis (1922-2001)
Compositeur, architecte, ingénieur civil, Iannis Xenakis est né le
29 mai 1922 à Braïla en Roumanie. Résistant de la Seconde Guerre
Mondiale, puis condamné à mort, il trouva l'asile politique en France
en 1947. Il obtint la nationalité française en 1965.
Il a étudié à l'Institut Polytechnique d'Athènes avant d'entreprendre
des études de composition musicale à Gravesano avec Hermann Scherchen,
puis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris avec
Olivier Messiaen. De 1947 à 1960, il fut le collaborateur de Le Corbusier
comme ingénieur et architecte.
Inventeur des concepts de masses musicales, de musique stochastique,
de musique symbolique, il a introduit le calcul des probabilités
et la théorie des ensembles dans la composition des musiques intrumentales.
Il fut l'un des premiers à se servir de l'ordinateur pour le calcul
de la forme musicale. Pionnier également dans le domaine de l'électro-acoustique,
auteur de plus d'une centaine d'oeuvres pour toutes formations, il
apparaît aujourd'hui comme l'une des figures les plus radicales de
l'avant-garde, ayant inventé la plupart des techniques compositionnelles
caractéristiques de la musique d'après 1945.
Architecte du Pavillon Philips à l'Exposition Universelle de Bruxelles
en 1958 ainsi que d'autres réalisations architecturales telles que
le Couvent de La Tourette (1955), il a composé Polytopes -
spectacles, sons et lumières - pour le Pavillon français de l'Exposition
de Montréal (1967), pour le spectacle Persepolis, montagne
et ruines de Persepolis, Iran (1971), pour le Polytope de
Cluny, Paris (1972), pour le Polytope de Mycènes, ruines de
Mycènes, Grèce (1978), pour le Diatope à l'inauguration du
Centre Georges-Pompidou, Paris (1978).
Il fut fondateur et président (1965) du Centre de Mathématique et
Automatique Musicales (CEMAMU) de Paris ; Associate Music Professor
de l'Indiana University, Bloomington (1967-1972) et fondateur du
Center for Mathematical and Automated Music (CMAM), Indiana University,
Bloomington (1967-1972). Il fut aussi chercheur du Centre National
de la Recherche Scientifique (CNRS) à Paris (1970) et enseignant
: Gresham Professor of Music, City University London (1975) et professeur à l'Université de
Paris - Sorbonne (1972-1989) [Biographie extraite
du catalogue des éditions Salabert].
Xenakis a séjourné au Vésinet, dans la villa "Les Vertes Feuilles" au 35,
avenue de la Princesse, maison que les éditions Salabert mettaient à la
disposition des artistes pour qu'ils y travaillent au calme.
Iannis Xenakis est mort le 4 février 2001 à Paris.
...En savoir plus : Site
de l'IRCAM • Association
Les Amis de Xenakis •
Et encore, • Suzy Carrier • Yvon Gattaz • Gotlib • Olivier Greif • Brice Guyart
• Stellio Lorenzi • William Sheller • Henry Stéphany • Claude Zidi ... etc. auxquels nous consacrerons de prochaines notices.
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